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Düsseldorf pas à pas


Dans cette rubrique, Alain Schupp nous propose de découvrir certains aspects de notre ville en nous y promenant pas à pas.

Alain Schupp est l’époux de Brigitte Schupp, membre de longue date de l'Amitié. Dans le couple, c’est lui qui est français, malgré son nom aux consonances  allemandes. Il est d’origine alsacienne. Alain Schupp a fait ses études à Paris et a travaillé près de 40 ans comme architecte dans un grand bureau d’architecture de Düsseldorf. Il est passionné par l’histoire de cette ville,  il a déjà publié un livre en version française et allemande, «Düsseldorf via Talenti»  qui présente 22 personnages ayant marqué la ville de Düsseldorf et dont l’on peut lire les noms dans la Kö-Galerie sur les petits écrins circulaires qui en jalonnent le sol. Il a également organisé pour l’ADF une trentaine de rallyes, les fameux Rallyes Dusafran (le nom reprenant les premières lettres de : Düsseldorf Amité des Francaises), qui ont laissé d’inoubliables souvenirs à nos membres.

 
Liens utiles:
-Office du tourisme:
www.duesseldorf-tourismus.de
-Se déplacer en bus et en métro (infos en français, anglais, espagnol ...) : cliquez ici 


HOFGARTEN
  
 
Poumon vert de Düsseldorf, ce vaste parc public s'étend du quartier Pempelfort jusqu'à l'Heinrich Heine Allee, et de la Königsallee jusqu'à l'Inselstrasse. Initialement jardin à la française devant le château Jägerhof, il est transformé au XVIIIe siècle par l´architecte français Nicolas de Pigage, qui dessine la longue allée rectiligne entre le château et la ville. Après l´occupation dévastatrice des troupes françaises en 1794, c'est au début du XIXe siècle, que l´on confie au paysagiste Maximilien Weyhe, la restauration et l'extension du Hofgarten, modelé alors sur les restes des remparts détruits sur décret du gouvernement napoléonien.
 
Pour respecter un ordre chronologique, vous commencerez votre promenade au Schloss Jägerhof. En effet, bien que séparé aujourd'hui du Hofgarten par une rue, on ne peut le dissocier du jardin public. Longtemps résidence de Joachim Murat, alors grand-duc de Berg au début du XIXe siècle, Napoléon lui-même y séjourna quatre jours. Sa belle façade Rococo cache aujourd'hui un musée consacré à W.Goethe (Goethe Museum) et à l'étage une riche collection de porcelaines de Meissen.
 
Traversez la rue. Jetez un coup d´œil sur cette allée cavalière (Reitallee), en vous promettant d'y revenir à la nuit tombée pour admirer l'effet produit par cette suite de bancs lumineux, puis laissez-vous guider par quatre plantureuses « Menines « (Manolo Valdes), entre l´allée centrale et la Düssel, vers ce pavillon de musique où se donnent régulièrement des concerts en plein air.

La rivière franchie, un parterre de fleurs multicolores égaye la sévère statue du grand acteur Gustaf Gründgens, natif de Düsseldorf, inoubliable Méphisto dans « Faust » et contemporain de Jean Cocteau dont il joua une pièce. Au bout de l´allée cavalière, admirez ce bassin où se dresse une fontaine : Statue de Triton surnommée Gröner Jong en raison de la mousse qui la patine.

 


Avant d´emprunter le passage souterrain, montez à l´Hofgärtnerhaus (maison du jardinier) : Le paysagiste M.Weyhe y logea en se plaignant du bruit que faisait une guinguette au rez-de-chaussée. Aujourd´hui s'y tient le très documenté musée du théâtre (Theatermuseum ).
Un peu avant l'entrée, un buste de «Louise Dumont». Malgré son nom très français, elle était allemande et l´une des actrices majeures dans l'histoire théâtrale locale, à la charnière des XIXe et XXe siècles.
 
A la sortie du passage souterrain, vous voilà dans la partie «moderne» du Hofgarten, celle réalisée au début du XIXe siècle par le paysagiste M.Weyhe. Devant vous s’étend un vaste plan d´eau (Landeskrone), fréquenté par de très nombreux oiseaux aquatiques, dont vous pourrez faire le tour. Un petit pont doré (Goldene Brücke), créé par l´architecte de la Ratinger Tor, Vagedes et jeté sur la partie la plus étroite du bassin vous permettra de le traverser en vous offrant une vue parfaitement axiale sur le Jägerhof.


ALTSTADT et RATINGERSTRASSE

Vous commencerez cette promenade au coeur même de la petite cité de Düsseldorf au lendemain de la bataille de Worringen en 1288, à savoir à l’église paroissiale de St.Lambert (Lambertus Kirche ). «Eglise mère» de Düsseldorf, symbole de la capitale rhénane avec son clocher tirebouchonnant. 
C’est de là que commence la rue Altstadt, prolongée vers le Hofgarten par la Ratingerstrasse.
 
Avant de les parcourir, restez un moment près de l’église, consacrée Basilique par le Pape Paul VI en 1974. En faisant le tour, vous admirerez le portail d’entrée réalisé par le célèbre sculpteur Ewald Matare et une plaque commémorant un artisan Josef Wimmer qui, en 1815, permit d'éviter la propagation d’un incendie dans la charpente. La restauration de celle-ci par l’emploi de bois trop humide lui donna son aspect actuel.
 
Remontez maintenant l’Altstadtstr., en laissant sur votre gauche l’ancienne chapelle du cloître des Carmélites fondé au début du XVIIIème
Une légende de l'église : elle attribue la forme hélicoïdale au diable qui, furieux de ne pouvoir supprimer l’église, en aurait tordu le clocher !
 
Sur le même trottoir, remarquez au n°14 une «Kneipe» à l’allure peu engageante : le Kreuzherreneck.
Surnommée "Bobby" elle fut, dans les années 50, le rendez-vous des élèves de la proche Académie des Beaux-arts, d’artistes et de journalistes: Beuys, Uecker, O.Welles entre autres. Aujourd’hui encore, elle reste une attraction valant la visite.

Si vous avez la curiosité de faire quelques pas dans l’Ursulingasse, une plaque vous montrera le périmètre de D’dorf en 1288. L’imposante Kreuzherrenkirche marque le début de la Ratinger Str. Anciennement église monastique, elle fut profanée en 1812 et servit tour à tour d’écurie et même de centre des impôts.

 


Faisant façe à la façade de l’ancien couvent des Coelestinerinnen, fondé sous le règne de Jan Wellem et transformé en immeuble d’habitation par Vagedes, le côté gauche de la rue est une suite d’estaminets trés fréquentés par la jeunesse locale.
Au n°6  le "Zum Schwarzen Horn" servit d’Hôtel de Ville entre 1470 et 1500, avant de devenir hôtel et débit de boisson.
 
Aux n°16 et 18 d’autres adresses très courues par les noctambules avant d’arriver à la brasserie "Im Füchschen", l’une des plus célèbres de Düsseldorf. Sa bière, la Füchschen Alt se boit à l’intérieur mais aussi sur de longues tables dressées sur le trottoir aux beaux jours.
Quelques pas encore pour remarquer dans la Mühlengasse deux façades en briques, datant de 1694. Un petit moulin In der Windmühle 1817 orne une des dernières maisons de la rue. Il vous rappelle que la Ratinger Straße se terminait jadis au pied d’un moulin à vent.




BURGPLATZ

Vos premiers pas vous conduiront sur la place du Château (Burgplatz) mais n´y cherchez pas le château. C´est aujoud'hui une grande place un peu vide qui s´anime pourtant lors de nombreuses manifestations populaires (Jazz-Rallye, ski de fond, fête japonaise, campagnes électorales, etc.). Mise en valeur depuis la mise sous terre du trafic automobile, elle descend par degrés vers la promenade au bord du Rhin.
 
Le château, résidence de plusieurs Princes Electeurs, est parti en fumée à la suite de plusieurs incendies, l´un en 1794 dû au bombardement des troupes françaises cantonnées sur l´autre rive du Rhin et celui, définitif, en 1872. Comme par miracle, seule une tour (Schlossturm) a résisté à ces différents sinistres et cela malgré la malédiction qui l´habite : la légende veut que le fantôme de la duchesse Jacob von Baden, assassinée dans ces murs en 1600, y hante parfois l´endroit. En 1851 un étage fut ajouté à la tour : C´est la « Lanterne » qui offre une magnifique vue panoramique sur la vieille ville. Entrez et visitez aussi le musée (Schiffahrt Museum), histoire de la navigation sur le Rhin.
 
Faisant face à la tour, un long bâtiment un peu monotone sépare cette place, de la cour intérieure de l´Hôtel de Ville (Rathaus). Il abrita, au 17ème siécle, la très célèbre galerie de peinture (Gemäldegalerie) du Prince Electeur Jan Wellem. Cette très riche collection de Rubens fut déménagée à Münich, en 1805, où elle constitue l´essentiel de la Pinakothek. Admirateur passionné de cette galerie, Goethe lui-même prit pension à l'hôtel Prinz von Oranien, Burgplatz 12 (plaque commémorative sur la façade).

Autres points d´intérêt : en vous rafraîchissant à la terrasse de la très ancienne brasserie (Im Golden Ring), vous vous étonnerez peut-être devant la fontaine des Radschläger : deux enfants faisant la roue, autre illustration emblématique de Düsseldorf. Chaque été un tournoi, organisé sur la Königsallee, permet aux jeunes de rivaliser pour le titre du meilleur Radschläger.
 


A quelques pas de là, vous passerez un moment à observer le monument conçu par le sculpteur Bert Gerresheim et évoquant la bataille de Worringen. C´est à la suite de cette bataille, gagnée par les comtes de Berg et de Brabant contre les alliés de l´Evêché de Cologne en 1288, que Düsseldorf obtint son statut de ville. En vous plaçant sur la petite plaque face au monument, vous essayerez de retrouver par quels objets l'artiste a figuré les 4 chiffres 1 2 8 8.
 
Dernier coup d´œil au n°19 : Aujourd´hui disparue, l'Eat Art Galerie du Suisse Daniel Spoerri permettait, dans les années 70, de s’interroger face à ses étonnantes œuvres tout en goûtant une omelette aux fourmis ou en croquant des abeilles grillées.


MARKTPLATZ
Cette place du marché, la Marktplatz, qui a perdu son qualificatif depuis l’installation du marché actuel sur la Karlplatz, est souvent appelée la Rathausplatz (Place de l´Hôtel de Ville). C´est en effet sur cette place que s'ouvre l´entrée moderne et officielle de l'Hôtel de Ville, à l´endroit où durant le XIXème siècle se trouvait un théâtre, qui lui-même avait remplacé la fonderie d´où sortit la statue de Jan Wellem.
 
La partie la plus ancienne et la jolie façade en briques rouges de style renaissance retiendront plus particulièrement notre attention. C´est de son balcon que, lors d´événements ponctuels, les personnalités se présentent à la foule (ouverture de la session du carnaval, équipes sportives victorieuses, invités de marque, etc). Il est orné de deux lions dorés dont la particularité est d´être dotés d´une double queue : Hommage rendu aux comtes de Berg et de Brabant, alliés lors de la bataille de Worringen (1299), et dont les oriflammes respectifs s´ornaient chacun d´un lion.
 
Observez un moment les deux pignons arrondis de chaque côté de la tour octogonale : leur dissymétrie n´est pas le fait du hasard. En effet, à l´époque où ils furent réalisés (fin du XVIème siècle), la symétrie ne devait pas apparaître dans les œuvres artistiques, celle-ci étant l´apanage de Dieu seul.
 
Le personnage central de cette place est bien-sûr Jan Wellem, Prince Electeur de Pfalz, né et résidant à Düsseldorf au XVIIème siècle. Sa statue équestre est l´une des cinq ou six parmi les plus célèbres en Europe (Louis XIV à Versailles, Pierre le Grand à St-Petersbourg, Victor Emmanuel à Rome, pour n’en citer que trois) Œuvre du sculpteur Grupello et datant de 1711, cette sculpture faillit ne jamais voir le jour en raison d’une pénurie de métal. La statue du petit apprenti de l´artiste, Giesserjunge, vous révélera en effet que celui-ci eut l´idée de fondre, entre autre, les bijoux des habitantes pour pourvoir ce manque de métal.
 


Le jeune H. Heine se vantait d´escalader la statue pour y chevaucher au côté du monarque et y observer de là ses contemporains... ce n'était pas que l’enfant était surdoué physiquement, mais la statue était alors sur un socle beaucoup plus bas que l´actuel, réalisé en 1831 par l´architecte Vagedes.

De nos jours, le 11 novembre, c´est le Prince Carnaval (Hoppeditz) qui, ovationné par une foule compacte, se hisse sur la statue pour y déclarer ouverte la nouvelle session du carnaval rhénan.
Il est immortalisé par une statue de Bert Gerresheim, que vous pouvez admirer dans le petit jardin à l'arrière de la proche Zollstrasse.